Les métiers oubliés de Paris

  L'arracheur d'ailes

Jusqu'au début du XXème s. porter un chapeau était un signe de distinction; porter un chapeau à plumes et suivant tout un langage où chaque plume cryptait le sens, était la grammaire du prestige à laquelle les élégantes sacrifiaient. Apparut pour les satisfaire, un gagne-petit urbain qui de nos jours, ferait sursauter la Ligue pour la protection des oiseaux: "l'arracheur d'ailes", au plus bas des maillons de la confection des ornements à plumes au rang des corporations de laquelle, les plumassiers, panachers et bouquetiers parisiens gardaient le monopole.

L'arracheur d'ailes connaitra son heure de gloire au XIXème s.lorsque les femmes se disputaient les chapeaux tyroliens cousus de plumes d'hirondelles. Il chassait les oiseaux dans la rue à l'aide de bâtons au bout desquels il fixait un fil muni d'un hameçon et d'un insecte en guise d'appât. Puis il arrachait à vif les ailes de l'animal qu'il revendait aux chapeliers des quartiers huppés de la capitale.

À Paris, il nous reste un plumassier encore en activité dans le quartier du Sentier, une rue de "l'hirondelle" qui a miraculeusement échappée aux travaux de Haussmann à St Michel et dont le nom remonte à l'enseigne d'une taverne de l'époque médiévale. À Paris, il nous reste bien sûr, une langue volatile qui séduisit truands et alchimistes et qui continue de voler et d'arracher les ailes au pied de la lettre: la langue des oiseaux.

 

 

 

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